L’animateur d’accueil de loisirs

Le poste d’animateur en accueil de loisirs est un dilemme à lui seul. D’un côté nous avons l’animateur volontaire, celui qui va être là de façon occasionnelle, qui va mettre en place des animations assez « légères », ludiques et dynamiques pour son public. De l’autre l’animateur professionnel qui va vouloir établir un projet pédagogique, animé sa séance mais surtout réfléchir à ses objectifs, critères d’évaluation, indicateurs de réussite, etc… L’un ne vaut pas mieux que l’autre, c’est la méthode de travail qui change.

Ensuite, va rentrer en ligne de compte la posture de l’animateur, comment va-t-il se comporter avec les enfants, ses collègues, le directeur, les parents, etc… Nous avons ici un aspect beaucoup plus humain, ça commence par une simple question (que j’ai vécu comme une claque) : pourquoi l’animation ? C’est une question légitime, pourquoi est-ce qu’un individu, jeune ou moins jeune, se tourne vers les métiers de l’animation ? En répondant à cette question vous pouvez avoir une réelle idée de quel animateur vous allez avoir en face de vous et il y a plusieurs profils que nous pouvons distinguer.

L’animateur saisonnier

Ce profil est intéressant dans le sens où il ne va pas « s’épuiser » car il n’en aura pas le temps, il est là pour une période, il souhaite passer un bon moment et en même temps être avec son public, il ne va pas essayer de tout révolutionner car il n’y pense même pas, animations flash, petits jeux. L’animateur saisonnier n’apprécie pas trop que le directeur soit investi dans un grand projet, il souhaite simplement jouer et s’amuser avec les enfants sans forcément se prendre la tête. Si vous êtes un directeur vous devez avoir ou moins un animateur ayant se profil car il est souvent assez dynamique et va tenir une période entre 2 à 4 semaines. Laissez lui la liberté d’être et il sera un très bon technicien d’animation (sous réserve qu’il ai de l’expérience).

L’animateur saisonnier peut aussi avoir déjà été un animateur professionnel ou volontaire sur du long terme mais a été découragé par les fondamentaux de l’Éducation Populaire. Il n’y crois plus vraiment mais sait de quoi il s’agit. La plupart du temps ça reste un animateur très jeune avec peu ou moyennement d’expérience ou qui parfois se lance dans l’animation.

L’animateur volontaire est la prolongation de l’animateur saisonnier, il souhaite ou à déjà passé son BAFA et à déjà plus de techniques acquises ou en cours d’acquisition qu’un animateur saisonnier qui n’a pas forcément passé brevet.

L’animateur « ancien »

Dans certaines structures on a des vieux animateurs, qui ont commencé il y a 20 ou 30 ans dans la petite enfance ou comme encadrants de cantine, qui sont en poste depuis très longtemps et avec lesquels le changement ou la nouveauté sera possiblement compliqué. Le discours du « on a toujours fait comme ça » est souvent présent et un nouveau directeur dans un milieu comme celui-ci peut conduire à l’échec. Les vieux animateurs ont « trop » d’expérience et rapidement le discours à base de « moi ça fait 20 ans que je fais ce métier donc c’est pas le premier venu qui va me dire comment faire, etc… » arrive rapidement et c’est là ou la difficulté va résidé dans la négociation, un nouvel anim ou un directeur trop frontal se prendra rapidement le retour de bâton…

Le vieil animateur à aussi des avantages et pas des moindre, dans certains cas, la posture parfois maternante pour les jeunes enfants va faire que ce profil d’anim va être rassurant pour les enfants, ils connaissent souvent des chants ou berceuses, des histoires, certains vont être très doux avec les enfants ou avoir plus de patience, c’est vraiment un profil quitte ou double.

L’animateur professionnel

L’animateur professionnel est, soit un animateur volontaire qui à poursuit dans ce domaine sur une longue période, ce qui veut dire qu’au fil du temps il a obtenu des compétences par l’expérience (dites vous que dans l’animation même un an de travail permet d’obtenir déjà beaucoup si l’animateur sait analyser son expérience), soit un animateur diplômé d’un CPJEPS ou BPJEPS. Il va savoir penser, rédiger et mettre en place un projet d’animation, c’est à dire des séances qui vont avoir une cohérence et une logique pédagogique avec des objectifs évaluables et des indicateurs de réussite, c’est à dire qu’il va pouvoir s’auto évaluer (évaluer ses séance et lui-même). Il va appuyer l’acquisition de compétences chez son public au travers de ses animations (même lors de la vie quotidienne).

Sur le papier c’est beau, sur le terrain, si l’animateur professionnel est un bon pro, il aura aussi une fâcheuse tendance à être parfois un peu trop sûr de lui. Lorsque j’ai passé mon BPJEPS, j’ai pu constaté chez certains camarades une fâcheuse tendance à avoir ou prendre un peu le melon. Beaucoup de grands discours du la pédagogie et le sens de l’Éducation Populaire mais une posture un peu trop « sûr de lui » qui peut vite se montrer agaçant notamment pour son directeur. L’animateur pro se pense autonome, pense qu’il a raison et qu’il fait les bonnes choses, et les remarques d’amélioration du directeur peuvent lui paraitre désuet voir pénible (malgré la légitimité du directeur). Il est a notifié aussi que animateur diplômé (même d’un BPJEPS) ne rime pas avec animateur compétent… Il est très bon théoricien mais dans la pratique c’est pas toujours identique. L’expérience sur le terrain sera toujours (selon moi) un bien meilleur enseignant qu’un parcours « académique »

Mon expérience d’animateur

Pour vous recontextualiser, j’ai un profil d’animateur professionnel avec un passif d’intervenant cinéma, en gros j’ai animé à la base des séances ponctuelles autour d’ateliers d’éducation à l’image puis ai décidé de passer un BPJEPS pour animé en accueil de loisirs ou en séjour de vacances. Je n’ai pas le passif d’un animateur volontaire et cela m’a probablement desservi au début car les animations flash sont un atout indéniable, chansonnettes et chorégraphies aussi. J’ai pu compléter mes compétences sur ce point directement par l’expérience. J’ai commencer dans un accueil de loisirs municipal mais avec un directeur issu de l’animation volontaire, ça a été une chance car les autres directeurs que je pouvais observer (pas tous) n’étaient pas toujours très portés sur la réflexion autour de l’accueil d’un enfant ou les différentes pédagogies actives. Je pense avoir réussi à garder mon humilité (j’espère) et je garde toujours en tête que même avec tous les diplômes du monde, les collègues, les directeurs et les enfant ont toujours beaucoup à nous apprendre. Ne restons pas sur nos lauriers.

Être animateur c’est dur, et trop souvent sous-estimé. On nous demande de tenir le rythme, d’être dynamique, de réfléchir chaque jours à de nouvelles animations, de danser, de chanter, de faire du débat, du créatif, du ceci et du cela. Avec ça on doit être vigilants, tenir en sécurité les enfants (je vous raconte même pas les palpitations avec un groupe de 4, 5 ans sur le trottoir pour aller à la cantine), prendre en considération notre public, etc… Les enfants on chacun leurs caractères l’un autant légitime que celui de l’autre, donc gestion de conflit, expliquer à l’un pourquoi il ne peut pas avoir la voiture rouge de l’autre, faire attention au sac et au doudou. Parfois même le relationnel avec les parents (même si c’est pas toujours le cas).

Personnellement j’ai vraiment apprécié faire de l’animation, c’est un milieu de joie et de vie mais aussi un milieu ou la pression peut parfois être présente.

Mon observation du milieu

Si vous êtes parents. Avec toutes les connaissance que j’ai du milieu de l’animation je conseillerai aux parents de vraiment s’intéresser à la structure ou ils placent leurs enfants. Faire connaissance avec l’équipe, le directeur, se renseigner sur le projet pédagogique, visiter les locaux, etc… Il y a des structure ou les enfants font du coloriages toute la journée, d’autres qui mettent en place des pédagogies actives, d’autres avec des équipes qui hurlent sur les enfants ou ont connaissance des douces violences et militent pour des lieux sereins et une réelle prise en compte du public. Attention aussi au périscolaire ou parfois le traitement n’est pas toujours très bienveillant envers nos petites têtes blondes, gérer un groupe n’est pas simples et il est facile de tomber sur la simplicité de stresser un enfant pour qu’il se dépêche que de gérer son temps en amont et de les préparer à partir en avance.

Si vous êtres animateur. Veillez à bien choisir le lieu dans lequel vous voulez bosser, votre entretien n’est pas que fait pour vous vendre mais aussi pour tâter le terrain. Renseignez-vous sur le projet éducatif et le projet pédagogique, les directeurs n’aiment pas ça lorsqu’il n’est pas radieux mais ça vous permet de savoir si vous vous dirigez vers un accueil de loisirs traditionnel ou si le directeur à un projet bien à lui qui peut vous intéresser et/ou vous demander plus d’investissement. Dans le second cas, faites confiance à votre directeur, un nouveau projet c’est l’occasion de vous permettre d’étayer votre expérience pédagogique !

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